Supermarché et alimentation locale

August 21, 2009 at 7:36 pm (Affaires sociales, Francais)

Voiçi le texte d’une lettre d’opinion que j’ai envoyé au Devoir, mais qui n’as pas été publiée:

Circuits courts

Je salut la prise de position de Normand Bourgault concernant la
commercialisation des produits locaux dans les supermarchés (“Produits
d’ici demandés
“, Le Devoir, 17 août 2009.) Il me semble, par contre,
que la démarche visant à faire entrer au supermarché les produits locaux
n’est peut-être pas la meilleure.

Les supermarchés, avec leurs exigences d’uniformité, de volume et de
disponibilité, correspondent très mal à la réalité des producteurs
locaux, et en particulier à celle des plus petits. De plus, la marge
bénéficiaire des supermarchés, s’ajoutant à celle de toute une longue
liste d’intermédiaires, réduit celle des producteurs. Producteurs dont
la situation financière est souvent précaire, et qu’on pousse à devenir
toujours plus gros pour compenser le faible prix qu’on paye pour leurs
produits. Les supermarchés m’apparaissent donc, dans ce contexte, faire
plus partie du problème que de la solution.

Le développement des circuits courts (marchés publiques, paniers bios,
kioskes, etc), auquel le MAPAQ semble s’intéresser depuis quelque temps,
est beaucoup plus prometteur. En particulier pour ceux qui veulent
faire les choses autrement: plus petit, plus écologique, plus humain.
Pourquoi s’acharner sur les supermarchés, quand il est plus simple de
les contourner tout simplement?

Évidemment, ce n’est pas si simple. Les circuits courts comportent
aussi leurs lots de défi pour les producteurs. Les producteurs devront
reprendrent contact avec les consommateurs, le gouvernement devra
ajuster le cadre réglementaire à la réalité des producteurs plus petits
et les consommateurs devront accepter de payer le prix juste pour leurs
produits et de consommer en fonction du climat et des saisons. Si tout
le monde y met du sien, on peut créer et soutenir une agriculture plus
saine, plus proche, qui correspond mieux à nos valeurs collectives. Et,
peut-être, réduire les problèmes environnementaux engendrés par
l’insistance malsaine des supermarchés à nous vendre des produits venant
de l’autre bout du monde.

Bien sûr, ma position est plus nuancée que ça. Il est évident que les supermarchés sont là pour rester, que d’y faire entrer plus de produits locaux est un objectif louable et que de consommer des produits strictement locaux toute l’année est impossible sous notre climat. Mais voilà, il faut distiller son texte en moins de 400 mots si on veux être publié. Le message perd de sa profondeur, mais il faut se plier aux exigences du format!

Pourquoi cette prise de position? Parce que je vais bientôt faire un changement de carrière assez radical, et me consacrer à l’agriculture bio-intensive à petite échelle d’içi deux à trois ans. Les circuits courts de commercialisation sont les seules avenues qui peuvent soutenir une agriculture à l’échelle humaine telle que je veux la pratiquer. Impossible de gagner sa vie en cultivant une petite surface de façon écologique si on doit vendre sa production aux distributeurs. Les circuits courts, c’est la clé de voute de mon projet. J’espère que les consommateurs seront au rendez-vous.

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