Un an de lock-out au Journal de Montréal

January 24, 2010 at 7:21 pm (Affaires sociales, Francais)

Depuis quelques temps, je reçois par courriel les nouvelles du collectif des lockoutés du Journal de Montréal, Rue Frontenac. Je n’ai jamais été un gros fan du Journal de Montréal, mais il faut admettre que le collectif Rue Frontenac fait un très bon travail avec très peu de moyen. En particulier, on s’en souvient, ce sont eux qui ont sorti le scoop sur la corruption de Labonté, le numéro 2 d’Harel au dernières élections municipales. Ils en ont sortis quelques autres qui valent la peine d’être lus. En bref, une contribution intéressante au paysage journalistique québécois.

Aujourd’hui, le lock-out dure depuis un an. Je ne me sent généralement pas très concerné par les conflits de travail (chacun y cherche son compte), mais celui-là dépasse clairement la limite du bon sens. Qu’est-ce que Québécor cherche à en tirer exactement? Pourquoi n’y a-t’il pas de négociations? Un médiateur aurait dû être nommé depuis longtemps, il me semble.

Mais ce qui me fait écrire aujourd’hui, c’est le carnet de Bertrand Raymond. Dans un texte très poignant, il nous parle ses sentiments face au lock-out, et nous annonce son départ pour la retraite. Je n’étais pas un de ses lecteurs (j’ai aucun intérêt pour le sport professionnel), mais j’ai quand même été très touché par son texte. C’est l’histoire de la déshumanisation de son milieu de travail et de la fin de ses illusions face à son employeur. À lire.

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Le “subventionnement” des frais de scolarité universitaire

January 24, 2010 at 6:37 pm (Affaires sociales, Francais, Université Laval) (, , , , )

Je me suis encore laissé aller à écrire un commentaire-fleuve sur le site du Devoir. Je le republie sur mon blog. C’est un commentaire en réponse à la sortie du nouveau livre de Joseph Facal, qui fait une réflexion sur la position des “lucides”.

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Dans l’ensemble, les positions de M. Facal, tel que résumées dans cet article, m’apparaissent dignes d’une réflexion. Par contre, j’ai un problème avec une des celles-ci: le “subventionnement” des frais de scolarité à l’université.

Il semble il y avoir un large consensus selon lequel le niveau de vie d’une population (sa richesse) soit fortement corréllée avec son niveau d’éducation. Bien sûr, la corrélation n’implique pas la causation, mais on peut présumer qu’il y a là un cycle vertueux, où l’éducation améliore les conditions de vie, qui à leur tour favorisent un accès plus facile à l’éducation, et ainsi de suite. En conséquence, il semblerait logique de tout mettre en oeuvre pour augmenter le niveau d’éducation de la population, puisque celle-ci serait un investissement qui démontre un retour. Et pourquoi pas: s’endetter pour le financer, comme on le fait pour bâtir des barrages hydro-électriques. En autant que ce soit rentable!

Contre toute logique, les partisans de l’augmentation des frais de scolarité soutiennent que ceux-ci n’ont pas d’influence sur l’accessibilité aux études supérieures. Permettez-moi d’en douter. Anecdotiquement, je connais plusieurs personnes qui n’ont pas poursuivi d’études supérieures, ou ne les ont pas terminées, faute de moyen. Qu’en est-il réellement?

De plus, il faut tenir en compte le poid relatif des frais de scolarité dans le budget des universités. Une augmentation de 100% ds frais de scolarité aurait un effet catastrophique sur les étudiants, mais aurait-elle un impact significatif sur la qualité de l’enseignement? Encore là, j’en doute.

Donc, avant de me vendre l’augmentation des frais de scolarité comme solution au sous-financement des université, les lucides vont devoir faire leurs devoirs et répondre à deux questions:

1. Quel est l’impact réel des augmentations sur l’accessibilité? Pas de conjectures, ni de comparaisons pomme-orange avec d’autres provinces, mais une étude sur la capacité individuel des étudiants québécois de soutenir lesdites augmentations.

2. Dans quelle mesure ces augmentations assureront-elles la santé financière de nos universités? À un niveau qui n’ai pas d’impact significatif sur l’accessibilité, seront-elles suffisantes pour assurer un financement adéquats de l’éducation supérieures?

Sans une réponse étudiée à ces questions, je conclus que les lucides prônent l’augmentation des frais de scolarités sur une base idéologique, en contradiction avec le pragmatisme dont ils se proclament les apôtres.

Cette question m’interpelle personnellement, et je puise ma réfléxion dans mon propre vécu. Il y a quelques années, dans la jeune trentaine avec deux enfants à charge, j’ai considéré pendant un moment faire un retour à l’université. Drop-out du CÉGEP, je voyais dans un éventuel retour aux études une façon de réaliser pleinement mon potentiel, mais surtout de sortir du sous-emploiement chronique dont je souffrait depuis le début de ma vie adulte. Cette hiver là, le gouvernement Charest a choisi de s’attaquer au programme de prêts et bourses dans le cadre de sa grande “réingénierie” de l’État (qu’en est-il devenue?). J’ai bien manifesté sur la colline avec quelques milliers d’autres étudiants, sans grand succès. L’Université Laval, que j’avais commencé à fréquenter à temps partiel, avait de son côté décidé qu’il était opportun d’augmenter les frais de scolarité, dans un contexte où la fréquentation diminuait dramatiquement (trouver l’erreur). Après réflexion, j’ai choisi de laisser tomber mon projet d’étude universitaire à temps plein: trop cher, et pas très intéressant de trainer quelques dizaines de milliers de dollars de dettes par la suite. Surtout que les études à temps plein auraient impliquées de mettre ma famille en état de survivance financière pendant toute leur durée.

Je suis donc resté sur le marché du travail, et ça m’as plutôt bien réussi. Je suis finalement sorti du sous-emploiement, mais clairement, je dois ma carrière à autre chose que mon éducation. Je ne peux pas m’empêcher de penser: que serais-je devenu avec un baccalauréat en poche? Et surtout: combien sont-ils à ne pas réaliser leurs plein potentiel, faute d’un accès abordable aux études supérieures? Et finalement: combien cela nous coûte t’il collectivement? Des questions sans réponse, parce qu’elles n’intéressent pas les décideurs. Pas même ceux qui ont pour travail de gérer lesdites études supérieures. Et elles n’intéressent vraisemblablement pas les lucides non plus.

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Le pourriel: un institution à l’Université Laval

November 13, 2009 at 3:01 pm (Francais, Université Laval)

J’étudie à temps partiel, par correspondance, à l’Université Laval de Québec. C’est une université que j’aime beaucoup, et sur le campus de laquelle j’ai passé pas mal de temps en 2004 et 2005. Jusqu’à date, on peut dire que je suis très satisfait de mon expérience d’étudiant à Laval.

Par contre, il y a une chose qui m’agace épouvantablement. Peu après que les adresses de courriel institutionnelle ont été mise en route en 2003, j’ai commencé à recevoir un flot soutenu et continu de pourriels “légitime”. Le Service de placement est probablement un des pire département à ce sujet, mais j’en reçoit aussi de la CADEUL, du bureau du registraire, du comité d’accueil des étudiants étranger et de je-ne-sais-quel-autre bureau ou département de l’Université. En fait, la grosse majorité du courriel que je reçoit à mon adresse @ulaval.ca est adressée à une liste d’envoi massif (campus-ul, LEG-ETUD-A2009, etc). Quand c’est un avis d’intérêt public (fermeture d’une partie du campus, problème avec le réseau sans-fil, etc), passe encore. Quand c’est de la sollicitation, non merci. Franchement, j’en ai marre.

En ce qui me concerne, la question est limpide: si je n’ai pas explicitement donné mon accord au préalable, m’envoyer vos sollicitations et communiqués divers par courriel est abusif. Le fait que je sois inscrit à l’Université Laval comme étudiant ne donne pas systématiquement le droit à n’importe qui y étant rattaché de m’envoyer n’importe quoi par courriel, point. Que l’administration de l’Université laisse passer cette utilisation abusive du service de courriel institutionel est, d’après moi, symptomatique d’une incompétence crasse face à la gestion des communications électronique. Nous avons besoin d’une politique interne d’utilisation du courriel institutionel, et ça presse.

Je me suis déjà désabonné de toute les listes que je jugeait non-essentielles, et je continue de recevoir du pourriel institutionel plusieurs fois par semaine. À chaque début de session, c’est le même cirque: je doit me désabonner d’une demi-douzaine d’adresses listserv auxquelles j’ai été ajouté automatiquement, sans mon consentement.

J’ai donc décidé de combattre le feux par le feux. Maintenant, à chaque fois que je reçois une de ces pourriel institutionel, je lui répond, tout simplement. Par exemple, le dernier en lice ce matin: le bureau de recrutement organise une journée porte ouverte. J’en ai rien à foutre; j’habite Montréal, et j’ai déjà un emploi. J’ai donc poliment répondu:

Bonjour M. Brière,

Serait-il possible d’être retirer de votre liste d’envoi? Je ne suis
pas intéressé par ce genre d’activité.

Merci,

EtienneG

Je présume que si tous et chacun qui prenaient quelques secondes pour répondre (poliment et gentiment, quand même!), peut-être que le message passerait. Notre M. Brière, dont il est question ci-haut, comprendrait sûrement mieux l’exaspération dont il est la cause si il avait à traiter à quelques centaines de réponses à ses pourriels.

Merci de participer à l’effort collectif: répondez aux pourriels institutionnels!

Mise-à-jours: Croyez le ou non, quelques heures après avoir publié cet article sur mon blog, j’ai reçu un pourriel du Service de Placement de l’université … à mon adresse personnel (pas celle @ulaval.ca). De quelle façon ils ont obtenus cette adresse, j’en ai aucune idée, mais je ne suis pas très enchanté à l’idée de recevoir de la sollicitation de leur part en double.

Nouvelle mise à jours! : J’ai encore reçu un pourriel du Service de Placement à mon adresse personnelle. Cette fois, j’ai téléphoné au service pour leur demander de vive voix de cesser de m’envoyer leurs pub. Les bureaux étaient fermé, j’ai laissé un message. J’espère qu’il vont comprendre à la fin!

Mise à jours, encore et encore!: Le flu de pourriels de pourriels provenant du Service de Placement ne se tarissant pas, et voyant qu’il ne répondent pas à mes courriels et ne retournent pas mes appels, j’ai rappellé encore le service et j’ai finalement réussi à parler à quelqu’un. La dame était très gentille et très polie, mais elle avait des problèmes à “accéder à mon dossier”. Elle va devoir en “parler avec l’informaticien”, et me rappeller plus tard. J’ai hâte de voir … Stay tuned!

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Interview à propos de Canonical sur CKIA

October 29, 2009 at 3:47 pm (Francais, Linux, Logiciel Libre, Ubuntu) (, , , , , , , , )

J’ai été invité à participer à l’émission de radio La voix du libre sur CKIA 88,3 à Québec, animé par mes amis, le très radio-canadien Yannick Pavard et le très vert François Bédard. L’émission porte sur Ubuntu, en l’honneur du lancement de la version 9.10 qui a lieu aujourd’hui. Mon interview porte plus spécifiquement sur Canonical, l’entreprise derrière Ubuntu, qui se trouve à être mon employeur.

http://www.lavoixdulibre.info/emissions/detail/emission/emission-du-28-octobre-2009-1/4/liste/2009/octobre.html

Je doit saluer, en particulier, la qualité des choix musicaux de l’émission. Si j’ai bien compris, il s’agit de musique libre (CC et cie) trouvé sur Jamendo. En particulier, je suis fou de la pièce Scarecrow Blues de Blind John O’Gunn, un blues suave et authentique.

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Marilou dit bonjour

October 17, 2009 at 2:00 am (Carnet personnel, Francais)

Ma grande fille Marilou insiste pour écrire un petit mot dans mon blog. Qu’est-ce qu’un papa peut faire? Obéir aux ordres de princesse!

Je laisse la parole à la principale concernée:

Mon papa fait pousser de bon légume dans son jardin.Il fait pousser: des tomates, des carotes, des
radis,etc.Il veux déménager en gaspé.Petêtre à caplan.Il veux avoir 7 acre
ses beaucoup.Moi mon papa est très gentil il va me dené des sous si je travaille dans son jardin!!!
Il a dit qu’il va me dené 6 dollar a l’heur!

Elle a de l’ambition! Mais je suis content de savoir que je peut compter sur elle … :)

Mise-à-jours: Elle a tellement aimée son expérience qu’elle s’est ouvert son propre blog!

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Mon dernier smoked-meat chez Schwartz’s

October 16, 2009 at 5:55 pm (Consommation, Francais)

Je mange un smoked-meat chez Schwartz’s une fois tout les deux ou trois ans. Généralement, je suis assez satisfait. En tout cas, suffisament pour que je recommende à tout mes collègues qui visitent Montréal de l’étranger d’y aller au moins une fois. Bon, Schwartz’s, c’est Schwartz’s. Ça a jamais été la place pour avoir une première date, mais ça fait généralement la job, et ça garde un petit quelque chose de pittoresque.

Aujourd’hui, je suis un peu moins enchanté. On y a été pour le lunch, deux de mes collègues et moi. Comme on pouvait s’y attendre, 15 minutes d’attente pour une place. Le personnel, tout aussi que bête que d’habitude. C’est clair, ils veulent vraiment pas être là. Remarquez, je ne pourrais pas les blâmer pour ça.

On m’avait dit que le smoked-meat chez Shwartz’s n’était plus ce qu’il était. La dernière fois que j’en ai mangé (avant aujourd’hui), j’avais rapporté à la maison une livre de smoke-meat tranché et un pain de seigle. On l’as partagé ma blonde et moi, sans être vraiment enchanté par l’expérience. J’ai justifié ma déception par le petit séjours au micro-onde que j’avais fais subir à mon smoked-meat pour le réchauffer. Après mon expérience d’aujourd’hui, je comprend un peu mieux. Le micro-onde n’avait rien à y voir.

Donc, on a attendu 15 minutes. On était mal assis, mais on s’y attendait. Le staff aussi bête que d’habitude. Jusqu’à date, la routine de Schwartz’s: le service le plus pourri en ville.

Mais pour une première fois, je n’était pas satisfait de ce qu’on a mis dans mon assiette. Le smoked-meat était sec et surcuit. Le gras du smoked-meat tirait plus sur le gris que sur son jaune habituelle. Bref, c’était pas à la hauteur.

Un peu déçu, j’ai décidé que j’en avais marre de leurs gueules d’enterrement. Pour une fois, je ne laisserais pas de pourboire. Un petit geste de révolte sans conséquence, le privilège du client instatisfait. Je paye à la caisse; caissière bête au regard morne, comme d’habitude. On sort.

Notre waiter sur nos talons. “Les gars, le service est pas inclus!” Pardon? “Le service, le tip, il est pas sur la facture.” Tant pis. Je tourne les talons, et on s’en va sans explication.

Pourtant, j’aurais dû. J’aurais dû prendre une minute pour expliquer que d’être une institution nationale, ça ne dispense pas de servir les clients de façon courtoise. Qu’on peut toujours excuser la propreté douteuse, les tabliers tachés de jaune et les barbes mal rasées, mais que de s’adresser poliment aux clients, ce n’est pas facultatif. Dommage pour mon serveur, qui était probablement le moins pire des employés de la place cette journée là. Le pire étant certainement le type à l’accueil … quel gros colon.

Tant pis pour Schwartz’s, c’était mon dernier smoked-meat chez eux. Ça ne leurs fera pas un gros pli, voyant que c’est la file à toute heure de toute façon. Tant mieux pour les autres. En ce qui me concerne, j’en ai assez eu.

On dit que le smoked-meat du restaurant en face est aussi bon, sinon meilleur, la file en moins. Je le saurais bientôt.

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Pas fort, les guichets pour les cartes Opus de la STM

October 1, 2009 at 12:56 am (Consommation, Francais) ()

Aujourd’hui, dernière journée du mois, il était temps pour moi de renouveller le titre mensuel de ma carte Opus de la STM. Comme c’était à prévoir, il y avais une file au guichet automatisé de la station Honoré-Beaugrand. Une minute: le guichet? Il y a en a pas trois à cette station?

En effet, il y en a bien trois. Malheureusement, deux d’entre eux était en panne. L’un d’eux l’annoncait franchement sur son écran; merci pour la considération, on y perdra pas notre temps. L’autre pas; le guichet semblait fonctionner normalement, excepté qu’il n’acceptait aucune carte, débit ou crédit. Je présume que le lecteur de bande magnétique était kaput.

La file pour l’unique guichet en fonction faisait plus de trente personnes. Je présume que l’attente pour faire une transaction devait s’étirer au delà d’une demi-heure. J’ai choisi plutôt d’aller au Jean-Coutu près de chez moi.

C’est pas fort. Ces guichets on été mis en fonction il y a moins d’un an. Je présume qu’il y a du rodage à faire, mais quand même. En terme de fiabilité, c’est un gros zéro. J’espère que la STM va régler le problème pronto, c’est franchement embarassant pour eux.

Je me suis plaint par écrit à la STM. Si vous avez le même problème, faites-le donc aussi.

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Supermarché et alimentation locale

August 21, 2009 at 7:36 pm (Affaires sociales, Francais)

Voiçi le texte d’une lettre d’opinion que j’ai envoyé au Devoir, mais qui n’as pas été publiée:

Circuits courts

Je salut la prise de position de Normand Bourgault concernant la
commercialisation des produits locaux dans les supermarchés (“Produits
d’ici demandés
“, Le Devoir, 17 août 2009.) Il me semble, par contre,
que la démarche visant à faire entrer au supermarché les produits locaux
n’est peut-être pas la meilleure.

Les supermarchés, avec leurs exigences d’uniformité, de volume et de
disponibilité, correspondent très mal à la réalité des producteurs
locaux, et en particulier à celle des plus petits. De plus, la marge
bénéficiaire des supermarchés, s’ajoutant à celle de toute une longue
liste d’intermédiaires, réduit celle des producteurs. Producteurs dont
la situation financière est souvent précaire, et qu’on pousse à devenir
toujours plus gros pour compenser le faible prix qu’on paye pour leurs
produits. Les supermarchés m’apparaissent donc, dans ce contexte, faire
plus partie du problème que de la solution.

Le développement des circuits courts (marchés publiques, paniers bios,
kioskes, etc), auquel le MAPAQ semble s’intéresser depuis quelque temps,
est beaucoup plus prometteur. En particulier pour ceux qui veulent
faire les choses autrement: plus petit, plus écologique, plus humain.
Pourquoi s’acharner sur les supermarchés, quand il est plus simple de
les contourner tout simplement?

Évidemment, ce n’est pas si simple. Les circuits courts comportent
aussi leurs lots de défi pour les producteurs. Les producteurs devront
reprendrent contact avec les consommateurs, le gouvernement devra
ajuster le cadre réglementaire à la réalité des producteurs plus petits
et les consommateurs devront accepter de payer le prix juste pour leurs
produits et de consommer en fonction du climat et des saisons. Si tout
le monde y met du sien, on peut créer et soutenir une agriculture plus
saine, plus proche, qui correspond mieux à nos valeurs collectives. Et,
peut-être, réduire les problèmes environnementaux engendrés par
l’insistance malsaine des supermarchés à nous vendre des produits venant
de l’autre bout du monde.

Bien sûr, ma position est plus nuancée que ça. Il est évident que les supermarchés sont là pour rester, que d’y faire entrer plus de produits locaux est un objectif louable et que de consommer des produits strictement locaux toute l’année est impossible sous notre climat. Mais voilà, il faut distiller son texte en moins de 400 mots si on veux être publié. Le message perd de sa profondeur, mais il faut se plier aux exigences du format!

Pourquoi cette prise de position? Parce que je vais bientôt faire un changement de carrière assez radical, et me consacrer à l’agriculture bio-intensive à petite échelle d’içi deux à trois ans. Les circuits courts de commercialisation sont les seules avenues qui peuvent soutenir une agriculture à l’échelle humaine telle que je veux la pratiquer. Impossible de gagner sa vie en cultivant une petite surface de façon écologique si on doit vendre sa production aux distributeurs. Les circuits courts, c’est la clé de voute de mon projet. J’espère que les consommateurs seront au rendez-vous.

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Une nouvelle génération …

August 21, 2009 at 7:10 pm (Carnet personnel, Francais)

Lundi soir, pendant que ma blonde était sortie avec sa gang de fille, j’ai décidé de me consacrer un peu à ma relation père-fille avec Marilou. J’ai installé Baldur’s Gates II: Shadow of Amn, version française, sur le PC du salon. Et j’ai pris un peu de temps pour accompagner ma fille dans la création de son premier personnage.

Elle a choisi une demi-elfe rôdeuse chaotique bonne. Ça lui ressemble tout à fait. Au départ, elle voulais se faire une sorcière, mais je l’en ai découragé pour lui éviter les complications de la magie. Elle commence tout juste, quand même!

Elle est très excité par le jeux, et je peux voir que ça la passionne. Elle a écouté assidument mes explications sur les rudiments du jeux. Elle comprend bien les caractéristiques, les classe, les alignements (que j’ai dû simplifiés un peu). Elle a lu la mise en situation très attentivement, et je crois qu’elle a bien compris le contexte du scénario. Elle a encore une peu de difficulté avec les contrôles et l’interface du jeux, mais ça vient. C’était vraiment beau à voir.

Zachary, qui est un joueur assidu (compulsif ?) de Diablo, s’est montré très intéressé par la partie de Baldur’s Gates de sa soeur. Il est encore un peu petit pour les jeux de rôle, mais il va apprendre à lire cette automne, en première année. Ça ne sera pas très long qu’il va suivre les traces de sa soeur …

Je suis très fier d’elle. Elle est très intelligente, et elle a l’imagination florissante. Son frère aussi, d’ailleurs. Je peut voir le jour, très bientôt, où nous allons tous jouer à Donjons et Dragons en famille, sur la table de la cuisine. Oui, oui: maman aussi!

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Adieu, Agora

July 9, 2009 at 4:43 pm (Francais, Linux, Université Laval)

J’ai appris ce matin qu’Agora, le service de courriel étudiant de l’Université Laval, sera mis au rencart d’ici le début le la session d’automne 2009. Le service de courriel sera migré vers Microsoft Exchange 2007.

Ça me rend un peu triste. Je connaissais bien Agora. En fait, c’est mon bébé.

Agora a été mon premier gros projet d’infrastructure en TI. Ça m’a occupé à temps plein toute l’année 2002, et une bonne partie de 2003. À l’époque, j’étais employé par Linux Québec Technologies, un des premiers intégrateurs Linux du Québec. Mon patron avait gagné le contrat, non sans effort, de remplacer le système de courriel en place, qui souffrait de quelques problèmes de performance et d’extensibilité (il était sur qmail et qpopper, si je me souviens bien). Après quelques semaines de recherche et de prototypage, nous avons décidé de leurs offrir Cyrus imapd (en grappe Murder), Postfix et l’interface web Horde/IMP, le tout devant un équilibreur de charge redondant basé sur LVS. De la grosse quincaillerie, neuf serveurs en tout.

J’ai passé un bon de bout de temps à ré-écrire leurs outils de gestion maison, à interfacer avec leurs systèmes de batch job sur Oracle et à faire tout un paquet de modifications à Horde/IMP. Mon collègue Carol s’était occupé des équilibreurs de charge LVS. Le système a été mis en production en janvier 2003. Il y a eu quelques petits accrocs au départ, notamment une panne importante la fin de semaine du 9 mars 2003, où j’ai été rivé au téléphone pendant plus de 10 heures la journée du premier anniversaire de mon fils. :( Mais dans l’ensemble, ça s’est quand même bien passé considérant l’ampleur du projet et la complexité de l’infrastructure sous-jacente. La dernière fois où j’ai mis la main sur le système, il y avait 105K boîtes de courriel. Pas mal, quand même!

Après un peu plus de six ans et demi de bons services, Agora tire sa révérence. Je suis positivement surpris que le système soit resté en production si longtemps. Je crois que c’est un bon exemple de la fiabilité et de la pérennité des logiciels libres (le système est entièrement libre, sauf pour le filtre antispam). Si ça serait à refaire, je ne choisirais probablement pas Cyrus imapd en grappe Murder. J’irais plutôt avec des frontend Perdition et des serveurs Dovecot redondants en backend, et un référentiel de boîtes de courriel dans une base de données SQL plutôt que l’horrible système MUPDATE de Cyrus. Mais considérant ce que je savais et ce qu’on avait de disponible à l’époque, il semble qu’on a quand même fait de bons choix technologiques.

De façon assez étrange, le Service de l’informatique et des télécommunications (SIT) de l’Université justifie la migration du service vers Microsoft Exchange 2007 par le besoin de moderniser les infrastructures dans le cadre du projet Environnement numérique d’apprentissage (ENA) et de Modernisation des systèmes d’information de gestion des ressources humaines (MSIGRH). J’espère très sincèrement que ça ne signifie pas que nous, les étudiants, allons avoir à utiliser des technologies propriétaires de Microsoft dans le cadre de l’ENA. J’utilise Linux mur-à-mur, à la maison comme au travail, et je n’ai pas accès à un poste de travail sur Microsoft Windows. Il faudrait pas que ça m’empêche d’étudier à Laval!

Finalement, pour ceux que ça intéresse, j’ai laissé un Easter Egg sur Agora. Un indice: je suis un gros fan de The Matrix …

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